Balade au Pays des Quatre Bras à Marbais
31/7/25
Malgré la météo très changeante de ces derniers temps, le ciel nous avait accordé une belle trêve et la balade s’est déroulée dans des conditions très agréables. Nous étions 29 Copines et Copains au rendez-vous sur le parking du CPAS de Marbais, un joli village très paisible situé dans le Brabant wallon méridional ; administrativement, il fait partie de la commune de Villers-la-Ville. Son histoire se confond avec celle de ses seigneurs. Les Marbais ont eu des possessions très importantes dans la vallée de la Thyle, zone longtemps disputée entre les ducs du Brabant et les comtes de Namur. En 1146, Gauthier de Marbais et sa mère dotèrent les moines cisterciens de l’abbaye de Villers de la partie nord de leur seigneurie. Quoi qu’il en soit, leur lignage disparut du village au XVIIe siècle lorsque la fille du dernier seigneur de Marbais vendit ses terres à la célèbre famille seigneuriale voisine, les t’Serclaes de Tilly.
Comme d’habitude, Robert avait enfilé sa casquette de guide. Pour commencer notre circuit, nous sommes passés devant l’église Saint-Martin datant de 1886. L'architecte s'est inspiré du Moyen Âge où l'on voulait construire de plus en plus haut, de plus en plus proche du ciel et de Dieu. Le jour de notre balade, elle était malheureusement fermée. Signalons néanmoins qu’elle conserve un précieux reliquaire staurothèque aux décors figuratifs orfévrés qui a été conçu dans nos régions vers 1400-1500 afin de protéger un fragment de la Vraie Croix offert à l’église Saint Martin par Gérard de Marbais (1180-1263), seigneur des lieux qui ramena cette relique de la Croisade de 1199. Ornée d’une scène de calvaires et de sept médaillons, cette pièce remarquable sur le plan du style et de l’exécution est donc un témoignage précieux de l'influence des Croisades sur le développement du culte de la Croix dans nos régions. Lors du tour Sainte-Croix, la relique et son coffret sont encore processionnés chaque premier dimanche de mai sur un trajet de 26 km.
Tout au long de l’histoire du village, son activité économique fut essentiellement agricole. Nous avons pu apercevoir les bâtiments d’une ancienne malterie qui, à la fin du XIXe siècle, occupait quelque 100 personnes. À l’angle de la rue de l'Hôpital se trouve une petite chapelle dédiée à saint Joseph, protecteur des charpentiers et des pères de famille. Elle est assortie d’une anecdote insolite. En effet, après la déclaration d’indépendance du 4 octobre 1830, la Belgique conserva la loi de milice instituée antérieurement par le royaume uni des Pays-Bas. Cette loi prévoyait que les forces armées devaient être constituées de préférence de volontaires, mais que l’effectif serait complété par des miliciens tirés au sort. Le contingent à appeler était réparti entre les provinces et les communes, proportionnellement à leur population. Devant la chapelle Saint-Joseph de Marbais, les conscrits marbaisiens (jeunes gens pressentis pour aller à la milice) allaient « porter la partie la moins noble de leur individu » au Saint. En clair, ils lui montraient leur derrière la veille du tirage au sort et ils espéraient ainsi avoir plus de chance de ne pas être appelés. Une pratique folklorique et « religieuse » décrite en 1891 par Monsieur Lemoine, mais aujourd’hui disparue.
Plus loin, nous nous sommes arrêtés quelques instants devant la Croix des hosties. Cette stèle a été érigée en 1804, après que des mains sacrilèges emportèrent le ciboire de l'église paroissiale et jetèrent les hosties consacrées. Selon la légende, le lendemain du vol, le berger qui faisait paître ses moutons dans la prairie de la ferme de la Jouerie, vit ses bêtes se diriger vers le fossé bordant le sentier et s'agenouiller en cercle devant quelque chose qu'il ne distinguait pas. Le berger s'approcha et découvrit les saintes hosties éparpillées. Pour réparer l'outrage, des Marbaisiens firent élever une stèle à cet endroit.
Comme dans toute seigneurie digne de ce nom, Marbais possédait au Moyen Âge un corps d'archers très remarquable. L'adoption des armes à feu au XVle siècle enleva à cette compagnie son importance militaire ; elle se mua bientôt en une société de tir d'agrément et, à ce titre, donna de grandes réjouissances auxquelles participa toute la bourgeoisie. Cette tradition subsiste encore aujourd'hui. Chaque année lors du dernier dimanche d'avril, on accroche un coq (Djirau) au sommet de la perche (27 m !). Des archers tentent ensuite de le décrocher en tirant des flèches. L'archer qui réussit l'exploit, reçoit le titre de roi pendant un an. Nous avons longé la prairie du Djirau où se trouve ladite perche.
Bien que le Château de Cognée n’était pas très éloigné de notre parcours, nous n’avons pas pu l’apercevoir au grand dam des photographes. Il date du XVIIe siècle et est une ancienne propriété de la famille Dumont de Chassart connue pour son rôle dans la production de genièvre et son anoblissement en 1906.
Au milieu du XIXᵉ siècle, Marbais a bénéficié d'une liaison secondaire de chemins de fer vicinaux (motrices à vapeur) qui se détachait de la grande ligne principale Ottignies Charleroi pour relier des industries locales (sucrerie, stockage de céréales) directement à la gare de Marbais. Cette ligne transportait aussi des voyageurs. Nous avons emprunté une partie de l'ancien tracé de cette ligne vicinale.
En fin de circuit, notre attention a été attirée par le portail d'entrée de la propriété du n° 53 de la rue de Priesmont comportant deux pierres au sol, situées de part et d'autre de l'entrée. Ce sont des chasse-roues. Bien avant l'invention de la voiture, on se déplaçait principalement à cheval ; parfois on attelait des chevaux à des carrosses. Ceux-ci étaient bien difficiles à conduire et il arrivait que le conducteur cogne un mur et l'endommage. Les chasse-roues servaient à protéger le mur et remettre le carrosse dans le droit chemin.
Nous avons ensuite repris les voitures pour rejoindre le « Bistro de l’Abbaye » à Villers-la Ville. La cave voûtée dans laquelle se trouve l’établissement pourrait avoir servi de logement au meunier ou au boulanger qui, aux Temps modernes, étaient des ouvriers laïcs. Elle a également servi à entreposer du vin ! Évidemment, c’était un cadre idéal pour prendre une boisson rafraîchissante bien méritée après nos 5 km à pied. Et pourquoi pas une des différentes bières de l’Abbaye ? Ici, nous étions finalement 31 Copines et Copains pour partager un bon petit repas en toute convivialité.
Balade de la Sambre d'hier et d'aujourd'hui entre Floreffe et Floriffoux
18/9/25Il faisait un peu frisquet en cette fin d’été lorsque Robert a emmenés une trentaine de...
Balade d'automne à Tourinnes-Saint-Lambert
Jeudi 10 octobre 2024L’après-midi et le soir du mercredi précédant notre balade, la dépression...
Balade à Tourinnes-la-Grosse 12 juin 2025
Ce matin, un soleil généreux accueillait les 27 « marcheurs » à Tourinnes-la-Grosse qui...
Escapade dans la région spadoise 28-29 mai 2025
Située à la porte de l’Ardenne, la région de Spa est une destination idéale pour les amateurs de...
Balade à Tourinnes-Saint-Lambert
Tourinnes-Saint-Lambert est une section de la commune de Walhain et est arrosée par le ruisseau...
Balade à la découverte du village de Chastre
Ce matin, les 40 participants à cette balade d’été ont pleinement apprécié la température pas...